Des anges en enfer

des-anges-6.jpgRésumé : Morgane, petite poupée aux vêtements en chiffon, se tenait blottie en chien de fusil contre son frère. De toutes ses forces, elle lui serrait la main pour se rassurer. Il était le dernier rempart, son ultime protection face aux griffes d’une bête à visage humain. Ses longs cheveux blonds emmêlés et poisseux de son propre sang s’étaient collés sur sa joue tuméfiée et une énorme bosse déformait son front.

Kévin et Morgane n’étaient plus des enfants, ils n’étaient que les jouets d’un être malade, aux prémices de leurs tourments. Pareilles à des bêtes apeurées, ils guettaient le moindre bruit suspect susceptible de leur indiquer ce qui se passait autour d’eux, mais ne percevaient rien. Aucun son, aucun mouvement, aucune lumière. La cave ne résonna plus alors que des respirations et des pleurs étouffés de Kévin et Morgane, enfermés, abandonnés à leur sort, oubliés du monde qui s’agitait à seulement quelques centaines de mètres de leur prison.

 Extrait :

 " Hilaire était de plus en plus embarrassé. Un long silence entoura les deux hommes mal à l’aise. Cette fois on y était. Le gendarme fit face à Bernard et d’une voix hésitante se lança :

" – Apparemment Monsieur Douléac il semblerait que vous n’ayez pas été prévenu de graves événements concernant votre famille, je suis donc le porteur de bien mauvaises nouvelles. "

Hilaire se redressa et sans regarder son interlocuteur débita d’une traite le texte qu’il avait répété dans sa voiture.

" – Monsieur, d’après les renseignements dont dispose la gendarmerie nationale, il y a de fortes présomptions que vos enfants aient été enlevés ce vendredi soir à 20 h 15 heure française. Comme il apparaît que vous êtes séparé de votre épouse, nous avions besoin de vérifier si vous n’étiez pas mêlé de près ou de loin à leur disparition. Une enquête est en cours en métropole et je peux vous assurer que les collègues font leur maximum…

– Monsieur Douléac ?… Ça va ?… " 

Ce roman traduit les angoisses absolues, les vertiges traumatisants de l’attente des parents, une descente aux enfers pour eux et pour ici dans le roman des enfants Kévin et Morgane en proie au sadisme d’un psychopathe meurtrier. L’ouvrage est d’une force dramatique intense. Il s’articule autour de cette démarche désespérée que les parents entreprennent avec la police. L’intérêt de ce livre fort bien écrit, mêle à la fois le récit de la crise abominable vécue par des parents, à des souvenirs anciens de bonheur familial et conjugal, à des remarques pertinentes sur le monde actuel, sur la vie aux Antilles, miroir aux alouettes pour ceux qui rêvent de s’y installer.

Un premier roman que l’on peut saluer comme exemplaire, volontaire, qui nous invite à une vigilance sans faille quand il s’agit de la sécurité de nos enfants… A lire sans délai

Comment est née cette histoire?

Un soir d’automne, mon fils est rentré à la maison le visage marqué par l’angoisse. Il avait été suivi par un inconnu sur l’intégralité du parcours qu’il empruntait habituellement pour rentrer de l’école. Malgré de multiples détours et des changements d’allure, à aucun moment il n’avait pu parvenir à semer son « suiveur ». Alors il avait couru, la peur au ventre, dans l’indifférence collective. Cela semble à priori banal, c’est même rentré dans un quotidien sordide.

Pourtant, en tant que parent, lorsqu’on reçoit cette frayeur de plein fouet, cela réveille toutes les craintes que l’on a enfoui profondément sous une chape d’habitudes car c’est bien connu, cela n’arrive qu’aux autres et à la télé !

Devant l’impossibilité de le récupérer le soir pour cause d’obligations professionnelles incontournables, dés le lendemain, il a bien fallu faire comme si rien ne c’était passé. Et mes cauchemars ont commencé.

Et s’il revenait le suivre ?... Et si c’était un « malade » ?... Et si ?...

Afin d’évacuer toutes les appréhensions qui me dévoraient de l’intérieur, plutôt que de ressasser tous les matins un hypothétique drame, j’ai commencé alors à écrire une histoire où je déversais toutes mes peurs. Une façon de me libérer du poids de mes responsabilités, de ma culpabilité aussi à ne pouvoir être là lorsque mon fils avait besoin de moi. De montrer aux lecteurs éventuels des chemins possibles menant à une triste réalité appelée trop facilement « fait divers ». Dire par les mots:

- Sans devenir parano, soyons vigilants pour nos gosses, car nul n’est à l’abri !

Petit à petit les quelques pages griffonnées à la hâte m’ont donné l’envie d’aller plus loin, de raconter une fiction mettant en scène des enfants livrés en pâture au pire de l’espèce humaine. Montrer notre fragilité, notre impuissance face à l’horreur. Si au premier degré l’histoire relate un fait divers odieux, en creusant davantage, on peut interpréter les enfants comme représentant l’innocence que la société a reléguée loin derrière d’autres préoccupations telles l’argent et le pouvoir. Les enfants sont pourtant notre avenir, la continuation même de notre espèce. Malheureusement nous ne bâtissons plus le monde pour eux mais nous le détruisons pour nous. Jusqu’à en oublier l’essentiel. Le « criminel » lui peut être perçu comme le produit déviant engendré par cette même société égoïste et aveugle dont nous faisons tous parti et que nous cautionnons souvent par facilité.

Ainsi est né : Des anges en enfer….

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Des anges en enfer  http://www.edilivre.com/doc/4473

Edilivre Paris, Roman policier

ISBN : 9782356076557